SATIPATTHANA SUTTA

 

Ce texte est un enseignement majeur du Bouddha, probablement l'un des plus fidèle dans sa traduction et l'un des mieux transmis au cours des siècles. Si le premier sutta relatif aux quatre nobles vérités (tout aussi fiable que celui-ci) suivi de l'exposé sur le noble sentiers octuples est la base de la doctrine, le Satipatthana-sutta est la quintessence de l'enseignement, car il est l'exposé de la mise en pratique de la méditation Bouddhiste. Cette dernière est incontournable pour celui qui veux obtenir les fruits de la libération, de l'Eveil.



L'Etablissement de l'Attention



Un jour que le bouddha se trouvait au pays des Kurus, dans un village nommé Kammassadhamma, il entreprit d'exposer la doctrine de l'attention à ses disciples :

"Il n'y a qu'un seul sentier, ô moines, conduisant à la purification des êtres, à la conquête des douleurs et des peines, à la destruction des souffrances physiques et morales, à l'acquisition de la conduite droite, à la réalisation du Nirvana, ce sont les quatre sortes d'établissements de l'attention.
Quelles sont ces quatre sortes ?
Voici, ô moines, un moine observant le corps demeure énergique, compréhensif, attentif, ayant rejeté les désirs et les soucis mondains; observant les sensations..., observant l'esprit..., observant les sujets différents, il demeure énergique, compréhensif, attentif, ayant rejeté les désirs et les soucis mondains."


I

Le corps


"Et comment, ô moines, un moine demeure t'il observant le corps ?
Voici, ô moines, un moine étant allé dans la forêt, ou au pied d'un arbre, ou dans une maison isolée, s'assied, les jambes croisées, le corps droit, son attention fixée devant lui. Attentivement il inspire, attentivement il expire. Inspirant lentement, il sait "Lentement j'inspire". Expirant lentement, il sait " Lentement j'expire". Inspirant rapidement, il sait "Rapidement j'inspire". Expirant rapidement, il sait "Rapidement j'expire". "Ressentant tout le corps, j'inspire", ainsi s'entraîne t'il. "Ressentant tout le corps , j'expire", ainsi s'entraîne t'il. "Calmant les activités du corps, j'inspire", ainsi s'entraîne t'il. "Calmant les activités du corps, j'expire", ainsi s'entraîne t'il.

De même, ô moines, qu'un habile tourneur ou un apprenti tourneur, tournant lentement sait : "Lentement je tourne", tournant rapidement il sait : "Rapidement je tourne". De même, ô moines, un moine inspirant lentement sait : "Lentement j'inspire", inspirant rapidement il sait : "Rapidement j'inspire". "Calmant les activités du corps, j'inspire", ainsi s'entraîne t'il. "Calmant les activités du corps, j'expire", ainsi s'entraîne t'il.

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l'apparition et la disparition du corps. "Voilà le corps", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde. C'est ainsi, ô moines, qu'un moine demeure observant le corps.

Et de plus, ô moines, un moine allant sait : "Je vais", étant debout, il sait "Je suis debout", étant assis, il sait : "Je suis assis", étant couché, il sait : "Je suis couché", le corps étant dans telle ou telle position, il le sait être dans telle ou telle position.

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l'apparition et la disparition du corps. "Voilà le corps", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde. C'est ainsi, ô moines, qu'un moine demeure observant le corps.

Et de plus, ô moines, un moine allant ou revenant en est parfaitement conscient, regardant devant ou autour de lui, il en est parfaitement conscient, étendant ou repliant les membres, il en est parfaitement conscient, portant un bol et les robes monastiques, il en est parfaitement conscient, mangeant, buvant, mastiquant, goûtant, il en est parfaitement conscient, déféquant, urinant, il est parfaitement conscient, marchant, étant debout, s'asseyant, s'endormant, s'éveillant, parlant, se taisant, il en est parfaitement conscient.

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l'apparition et la disparition du corps. "Voilà le corps", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde. C'est ainsi, ô moines, qu'un moine demeure observant le corps.

Et de plus, ô moines, un moine observe ce corps de la plante des pieds au sommet de la tête, recouvert de peau et rempli d'impuretés diverses : "Il y a dans ce corps : cheveux, poils, ongles, dents, peau, chair, tendons, os, moelles, reins, coeur, foie, plèvre, rate, poumons, intestins, mésentère, estomac, excréments, bile, flegme, pus, sang, sueur, graisse, larmes, suint, salive, mucus, synovie, urine."

De même, ô moines, que s'il y avait un sac à deux ouvertures rempli de graisses diverses, telles que : riz, riz brut, pois chiches, haricots, sésames, riz perlé, alors un homme qui voit bien l'ayant ouvert , examinerait : "Ceci est du riz, ceci est du riz brut, ceci est des pois chiches, ceci est des haricots, ceci du sésame, ceci du riz perlé", de même ô moines, un moine observe ce corps de la plante des pieds au sommet de la tête, recouvert de peau et rempli d'impuretés diverses : il y a dans ce corps : cheveux, poils, ongles, dents, peau, chair, tendons, os, moelles, reins, coeur, foie, plèvre, rate, poumons, intestins, mésentère, estomac, excréments, bile, flegme, pus, sang, sueur, graisse, larmes, suint, salive, mucus, synovie, urine.

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l'apparition et la disparition du corps. "Voilà le corps", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde. C'est ainsi, ô moines, qu'un moine demeure observant le corps.

Et de plus, ô moines, un moine examine le corps, tel qu'il est placé par éléments : "Il y a dans ce corps l'élément terre, l'élément eau, l'élément feu, l'élément air".

De même ô moines, qu'un habile boucher, ou un apprenti boucher, ayant tué une vache va s'asseoir à un carrefour l'ayant débitée en morceaux, de même, ô moines, un moine examine ce corps tel qu'il est placé par éléments : "Il y a dans ce corps l'élément terre, l'élément eau, l'élément feu, l'élément air".

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l'apparition et la disparition du corps. "Voilà le corps", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde. C'est ainsi, ô moines, qu'un moine demeure observant le corps.

Et de plus, ô moines, quand un moine voit un corps jeté sur un charnier, mort depuis un jour, deux jours, trois jours, gonflé, bleui, putréfié, il réfléchit à son propre corps : "Ce corps a la même nature, il deviendra de même, il ne peut l'éviter".

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l'apparition et la disparition du corps. "Voilà le corps", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde. C'est ainsi, ô moines, qu'un moine demeure observant le corps.

Et de plus, ô moines, quand un moine voit un corps jeté sur un charnier, déchiqueté par les corbeaux, les vautours, rongé par toutes sortes de vers, il réfléchit à son propre corps : "Ce corps a la même nature, il deviendra de même, il ne peut l'éviter".

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l'apparition et la disparition du corps. "Voilà le corps", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde. C'est ainsi, ô moines, qu'un moine demeure observant le corps.

Et de plus, ô moines, quand un moine voit un corps jeté sur un charnier, charpente d'ossements liés par les tendons, sans plus de chair, mais taché de sang, il réfléchit à son propre corps : "Ce corps a la même nature, il deviendra de même, il ne peut l'éviter".

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l'apparition et la disparition du corps. "Voilà le corps", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde. C'est ainsi, ô moines, qu'un moine demeure observant le corps.

Et de plus, ô moines, quand un moine voit un corps jeté sur un charnier, les ossements déliés des tendons, dispersés ça et là, ici un os des mains, là un os des pieds, là un tibia et là un fémur, ici un bassin et là des vertèbres, ici le crâne, il réfléchit à son propre corps "Ce corps a la même nature, il deviendra de même, il ne peut l'éviter".

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l'apparition et la disparition du corps. "Voilà le corps", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde. C'est ainsi, ô moines, qu'un moine demeure observant le corps.

Et de plus, ô moines, quand un moine voit un corps jeté sur un charnier, les ossements blanchis comme des coquillages, il réfléchit à son propre corps "Ce corps a la même nature, il deviendra de même, il ne peut l'éviter".

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l'apparition et la disparition du corps. "Voilà le corps", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde. C'est ainsi, ô moines, qu'un moine demeure observant le corps.

Et de plus, ô moines, quand un moine voit un corps jeté sur un charnier, les ossements entassés après un an passé, il réfléchit à son propre corps "Ce corps a la même nature, il deviendra de même, il ne peut l'éviter".

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l'apparition et la disparition du corps. "Voilà le corps", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde. C'est ainsi, ô moines, qu'un moine demeure observant le corps.

Et de plus, ô moines, quand un moine voit un corps jeté sur un charnier, les ossements pourris et devenus poussière, il réfléchit à son propre corps "Ce corps a la même nature, il deviendra de même, il ne peut l'éviter".

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l'apparition et la disparition du corps. "Voilà le corps", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde.

C'est ainsi, ô moines, qu'un moine demeure observant le corps."


II

Les sensations

"Et comment, ô moines, un moine demeure t'il observant les sensations ?
"Voici, ô moines, un moine ressentant une sensation agréable sait : "Je ressens une sensation agréable", ressentant une sensation désagréable, il sait : "Je ressens une sensation désagréable", ressentant une sensation ni agréable, ni désagréable, il sait : "Je ressens une sensation ni agréable, ni désagréable". Ressentant une sensation charnelle agréable, il sait : "Je ressens une sensation charnelle agréable", ressentant une sensation spirituelle agréable, il sait : "Je ressens une sensation spirituelle agréable", ressentant une sensation charnelle ni agréable, ni désagréable, il sait : "Je ressens une sensation charnelle ni agréable, ni désagréable", ressentant une sensation spirituelle ni agréable, ni désagréable, il sait : "Je ressens une sensation spirituelle ni agréable, ni désagréable".

Ainsi il demeure, observant les sensations intérieurement; il demeure observant les sensations extérieurement, il demeure observant les sensations intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition des sensations, il demeure observant la disparition des sensations, il demeure observant l'apparition et la disparition des sensations. "Voilà les sensations", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde.

C'est ainsi, ô moines, qu'un moine demeure observant les sensations."


III

L'Esprit



"Et comment, ô moines, un moine demeure t'il observant l'esprit ?
Voici, ô moines, un moine ressentant un esprit passionné sait : "Ceci est un esprit passionné", ayant un esprit libre de passion, il sait : "Ceci est un esprit libre de passion", ayant un esprit haineux, il sait : "Ceci est un esprit haineux", ayant un esprit libre de haine, il sait "Ceci est un esprit libre de haine", ayant un esprit égaré, il sait "ceci est un esprit égaré", ayant un esprit libre d'égarement, il sait : "Ceci est un esprit libre d'égarement", ayant un esprit recueilli, il sait : "Ceci est un esprit recueilli", ayant un esprit distrait, il sait "ceci est un esprit distrait", ayant un esprit grand, il sait : "Ceci est un esprit grand", ayant un esprit sans grandeur, il sait : "Ceci est un esprit sans grandeur", ayant un esprit inférieur, il sait : "Ceci est un esprit inférieur", ayant un esprit supérieur, il sait : "Ceci est un esprit supérieur", ayant un esprit concentré, il sait : "Ceci est un esprit concentré", ayant un esprit libéré, il sait : "Ceci est un esprit libéré", ayant un esprit non libéré, il sait : "Ceci est un esprit non libéré".

Ainsi il demeure, observant l'esprit intérieurement; il demeure observant l'esprit extérieurement, il demeure observant l'esprit intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition de l'esprit, il demeure observant la disparition de l'esprit, il demeure observant l'apparition et la disparition de l'esprit. "Voilà l'esprit", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde.

C'est ainsi, ô moines, qu'un moine demeure observant l'esprit."


IV

Les choses



"Et comment, ô moines, un moine demeure t'il observant les sujets différents ?
Voici, ô moines, un moine demeure observant les cinq empêchements.
Et comment, ô moines, un moine demeure t'il observant les cinq empêchements ?

Voici, ô moines, un moine quand le désir sensuel est en lui, il sait : "En moi est le désir sensuel", quand le désir sensuel n'est pas en lui, il sait : "En moi n'est pas le désir sensuel", il sait comment le désir sensuel non apparu, apparaît. Il sait comment le désir sensuel apparu est déraciné. Il sait comment le désir sensuel déraciné ne surgira plus.

Quand la méchanceté est en lui, il sait : "En moi est la méchanceté", quand la méchanceté n'est pas en lui, il sait : "En moi n'est pas la méchanceté", il sait comment la méchanceté non apparue, apparaît. Il sait comment la méchanceté apparue est déracinée. Il sait comment la méchanceté déracinée ne surgira plus.

Quand l'inertie et la torpeur sont est en lui, il sait : "En moi sont l'inertie et la torpeur", quand l'inertie et la torpeur ne sont pas en lui, il sait : "En moi ne sont pas l'inertie et la torpeur", il sait comment l'inertie et la torpeur non apparues, apparaissent. Il sait comment l'inertie et la torpeur apparues sont déracinées. Il sait comment l'inertie et la torpeur déracinées ne surgiront plus.

Quand l'agitation et le remords sont est en lui, il sait : "En moi sont l'agitation et le remords", quand l'agitation et le remords ne sont pas en lui, il sait : "En moi ne sont pas l'agitation et le remords", il sait comment l'agitation et le remords non apparus, apparaissent. Il sait comment l'agitation et le remords apparus sont déracinés. Il sait comment l'agitation et le remords déracinés ne surgiront plus.

Quand le doute est en lui, il sait : "En moi est le doute", quand le doute n'est pas en lui, il sait : "En moi n'est pas le doute", il sait comment le doute non apparu, apparaît. Il sait comment doute apparu est déraciné. Il sait comment le doute déraciné ne surgira plus.

Ainsi il demeure, observant les sujets différents intérieurement; il demeure observant les sujets différents extérieurement, il demeure observant les sujets différents intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition des sujets différents , il demeure observant la disparition des sujets différents, il demeure observant l'apparition et la disparition des sujets différents . "Voilà les sujets différents ", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde.

C'est ainsi, ô moines, qu'un moine demeure observant les cinq empêchements.


Et de plus, ô moines, un moine demeure observant les cinq agrégats.
Et comment, ô moines, un moine demeure t'il observant les cinq agrégats ?
Voici, ô moines, un moine se dit : "Ainsi est la matière, ainsi est l'apparition de la matière, ainsi est la disparition de la matière".
"Ainsi sont les sensations, ainsi est l'apparition des sensations, ainsi est la disparition des sensations".
"Ainsi sont les perceptions, ainsi est l'apparition des perceptions, ainsi est la disparition des perceptions".
"Ainsi sont les formations mentales, ainsi est l'apparition des formations mentales, ainsi est la disparition des formations mentales".
"Ainsi est la conscience, ainsi est l'apparition de la conscience, ainsi est la disparition de la conscience".

Ainsi il demeure, observant les sujets différents intérieurement; il demeure observant les sujets différents extérieurement, il demeure observant les sujets différents intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition des sujets différents , il demeure observant la disparition des sujets différents, il demeure observant l'apparition et la disparition des sujets différents . "Voilà les sujets différents ", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde.

C'est ainsi, ô moines, qu'un moine demeure observant les cinq agrégats.


Et de plus, ô moines, un moine demeure observant les six sphères intérieures et extérieures des sens.

Et comment, ô moines, un moine demeure t'il observant les six sphères intérieures et extérieures des sens ?
Voici, ô moines, un moine connaît l'oeil, il connaît les formes, et il connaît le lien qui naît à cause d'eux. Il sait comment ce lien non apparu, apparaît, il sait comment ce lien apparu est brisé, il sait comment ce lien brisé, à l'avenir n'apparaîtra plus.

Il connaît l'oreille, il connaît les sons, et il connaît le lien qui naît à cause d'eux. Il sait comment ce lien non apparu, apparaît, il sait comment ce lien apparu est brisé, il sait comment ce lien brisé, à l'avenir n'apparaîtra plus.

Il connaît les nez, il connaît les odeurs, et il connaît le lien qui naît à cause d'eux. Il sait comment ce lien non apparu, apparaît, il sait comment ce lien apparu est brisé, il sait comment ce lien brisé, à l'avenir n'apparaîtra plus.

Il connaît la langue, il connaît les saveurs, et il connaît le lien qui naît à cause d'eux. Il sait comment ce lien non apparu, apparaît, il sait comment ce lien apparu est brisé, il sait comment ce lien brisé, à l'avenir n'apparaîtra plus.

Il connaît le corps, il connaît les tangibles, et il connaît le lien qui naît à cause d'eux. Il sait comment ce lien non apparu, apparaît, il sait comment ce lien apparu est brisé, il sait comment ce lien brisé, à l'avenir n'apparaîtra plus.

Il connaît le mental, il connaît les objets mentaux, et il connaît le lien qui naît à cause d'eux. Il sait comment ce lien non apparu, apparaît, il sait comment ce lien apparu est brisé, il sait comment ce lien brisé, à l'avenir n'apparaîtra plus.

Ainsi il demeure, observant les sujets différents intérieurement; il demeure observant les sujets différents extérieurement, il demeure observant les sujets différents intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition des sujets différents , il demeure observant la disparition des sujets différents, il demeure observant l'apparition et la disparition des sujets différents .

"Voilà les sujets différents ", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde.


C'est ainsi, ô moines, qu'un moine demeure observant les six sphères intérieures et extérieures des sens.

Et de plus, ô moines, un moine demeure observant les sept facteurs d'éveil.

Et comment, ô moines, un moine demeure t'il observant les sept facteurs d'éveil ?

Voici, ô moines, un moine si le facteur d'éveil de l'attention est en lui, il sait : "En moi est le facteur d'éveil de l'attention", si le facteur d'éveil de l'attention n'est pas en lui, il sait : "En moi n'est pas le facteur d'éveil de l'attention", il sait quand le facteur d'éveil de l'attention non apparu, apparaît. Il sait quand le facteur d'éveil de l'attention apparu s'épanouit pleinement.

Si le facteur d'éveil de l'énergie est en lui, il sait : "En moi est le facteur d'éveil de l'énergie", si le facteur d'éveil de l'énergie n'est pas en lui, il sait "En moi n'est pas le facteur d'éveil de l'énergie", il sait quand le facteur d'éveil de l'énergie non apparu, apparaît. Il sait quand le facteur d'éveil de l'énergie apparu s'épanouit pleinement.

Si le facteur d'éveil de la joie est en lui, il sait : "En moi est le facteur d'éveil de la joie", si le facteur d'éveil de la joie n'est pas en lui, il sait : "En moi n'est pas le facteur d'éveil de la joie", il sait quand le facteur d'éveil de la joie non apparu, apparaît. Il sait quand le facteur d'éveil de la joie apparu s'épanouit pleinement.

Si le facteur d'éveil de la tranquillité est en lui, il sait : "En moi est le facteur d'éveil de la tranquillité", si le facteur d'éveil de la tranquillité n'est pas en lui, il sait : "En moi n'est pas le facteur d'éveil de la tranquillité", il sait quand le facteur d'éveil de la tranquillité non apparu, apparaît. Il sait quand le facteur d'éveil de la tranquillité apparu s'épanouit pleinement.

Si le facteur d'éveil de la concentration est en lui, il sait : "En moi est le facteur d'éveil de la concentration", si le facteur d'éveil de la concentration n'est pas en lui, il sait : "En moi n'est pas le facteur d'éveil de la concentration", il sait quand le facteur d'éveil de la concentration non apparu, apparaît. Il sait quand le facteur d'éveil de la concentration apparu s'épanouit pleinement.

Si le facteur d'éveil de l'équanimité est en lui, il sait : "En moi est le facteur d'éveil de l'équanimité", si le facteur d'éveil de l'équanimité n'est pas en lui, il sait : "En moi n'est pas le facteur d'éveil de l'équanimité", il sait quand le facteur d'éveil de l'équanimité non apparu, apparaît. Il sait quand le facteur d'éveil de l'équanimité apparu s'épanouit pleinement.

Ainsi il demeure, observant les sujets différents intérieurement; il demeure observant les sujets différents extérieurement, il demeure observant les sujets différents intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition des sujets différents , il demeure observant la disparition des sujets différents, il demeure observant l'apparition et la disparition des sujets différents . "Voilà les sujets différents", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde.

C'est ainsi ô moines, qu'un moine demeure observant les six sphères intérieures et extérieures des sens.


Et de plus, ô moines, un moine demeure observant les quatre nobles vérités.

Et comment, ô moines, un moine demeure t'il observant les quatre nobles vérités ?

Voici, ô moines, un moine comprend exactement : "Ceci est dukkha", il comprend exactement : "Ceci est l'origine de dukkha", il comprend exactement : "Ceci est la cessation de dukkha", il comprend exactement : "Ceci est le sentier qui mène à la cessation de dukkha"

Ainsi il demeure, observant les sujets différents intérieurement; il demeure observant les sujets différents extérieurement, il demeure observant les sujets différents intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition des sujets différents , il demeure observant la disparition des sujets différents, il demeure observant l'apparition et la disparition des sujets différents . "Voilà les sujets différents ", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde.

C'est ainsi Voici, ô moines, qu'un moine demeure observant les quatre nobles vérités.

Alors, ô moines, celui qui pratiquerait ainsi ces quatre établissements de l'attention pendant sept ans pourrait en récolter l'un de ces deux fruits : l'état d'Arahant dans cette vie, ou, s'il y a un reste d'attachement, l'état de non retour.

Mais laissons, ô moines, ces sept ans.

Celui qui pratiquerait ainsi ces quatre établissements de l'attention pendant six ans, cinq ans, quatre ans, trois ans, deux ans, un an pourrait en récolter l'un de ces deux fruits : l'état d'Arahant dans cette vie, ou, s'il y a un reste d'attachement, l'état de non retour.

Mais laissons, ô moines, cette année.

Celui qui pratiquerait ainsi ces quatre établissements de l'attention pendant sept mois pourrait en récolter l'un de ces deux fruits : l'état d'Arahant dans cette vie, ou, s'il y a un reste d'attachement, l'état de non retour.

Mais laissons, ô moines, ces sept mois.

Celui qui pratiquerait ainsi ces quatre établissements de l'attention pendant six mois, cinq mois, quatre mois, trois mois, deux mois, un mois, un demi-mois pourrait en récolter l'un de ces deux fruits : l'état d'Arahant dans cette vie, ou, s'il y a un reste d'attachement, l'état de non retour.

Mais laissons, ô moines, ce demi-mois.

Celui qui pratiquerait ainsi ces quatre établissements de l'attention pendant sept jours pourrait en récolter l'un de ces deux fruits : l'état d'Arahant dans cette vie, ou, s'il y a un reste d'attachement, l'état de non retour.

Il n'y a qu'une seule voie, ô moines, conduisant à la purification des êtres, à la conquête des douleurs et des peines, à la destruction des souffrances physiques et morales, à la conduite droite, à la réalisation du Nirvana. Ce sont les quatre établissements de l'attention."

 

METTA SUTTA

 

L'amour universel



Voici ce qui doit être accompli par celui qui est sage, qui recherche le bien et a obtenu la Paix.
Qu'il soit appliqué, droit, parfaitement droit, docile, doux, humble, content, aisément satisfait. Qu'il ne se laisse pas submerger par les affaires du monde, qu'il ne se charge pas du fardeau des richesses, que ses sens soient maîtrisés. Qu'il soit sage, sans orgueil et ne s'attache pas aux familles.

Qu'il ne fasse rien qui soit mesquin et que les sages puissent réprouver.
Que tout les êtres soient heureux, qu'ils soient en joie et en sûreté.

Toute chose qui est vivante, faible ou forte, longue, grande ou moyenne, courte ou petite, visible ou invisible, proche ou lointaine, née ou à naître, que tous ces êtres soient heureux.
Que nul ne déçoive un autre ni ne méprise aucun être si peu que ce soit. Que nul par colère ou par haine, ne souhaite de mal à un autre.

Ainsi qu'une mère au péril de sa vie surveille et protège son unique enfant, ainsi avec un esprit sans limites doit-on chérir toute chose vivante, aimer le monde en son entier, au-dessus, au-dessous et tout autour, sans limitation, avec une bonté bienveillante et infinie.

Etant debout ou marchant, étant assis ou couché, tant que l'on est éveillé on doit cultiver cette pensée. Ceci est appelé la suprême manière de vivre.

Abandonnant les vues fausses, ayant la vision intérieure profonde, vertueux, débarrassé des appétits des sens, celui qui est perfectionné ne connaîtra plus la renaissance.

 

MANGALA SUTTA

 

Les bénédictions



Une fois, alors que le Bienheureux demeurait dans le monastère d'Anathapindika au Parc Jeta, dans la cité de Savatthi, un dieu d'une radieuse beauté apparut vers minuit, s'approcha du Bienheureux et le saluant avec respect, se tint debout à son côté. Alors, s'adressant au Bienheureux, il dit :
" Nombreux sont les dieux et les hommes qui discutent sur les bénédictions qui donnent le bonheur. Pour ceux qui cherchent à connaître les véritables choses bienfaisantes, je vous en prie, veuillez expliquer les bénédictions. "

Et le Bouddha dit ceci :

" Ne pas être associé aux fous mais s'associer aux sages, rendre hommage à ceux qui méritent d'être honorés. Cela est une grande bénédiction.

Vivre dans un endroit qui procure de nombreux avantages, avoir le bénéfice de mérites accomplis antérieurement, développer convenablement son caractère. Cela est une grande bénédiction.

Etre instruit en science et en art, être discipliné et cultivé, dire des paroles justes. Cela est une grande bénédiction.

Prendre soin de ses parents, bien traiter sa femme et ses enfants, accomplir des actions justes. Cela est une grande bénédiction.

Etre charitable, se conduire honnêtement, avoir soin de sa famille, accomplir de bonnes actions. Cela est une grande bénédiction.

S'abstenir du mal, renoncer aux intoxicants, être vigilant dans le bien. Cela est une grande bénédiction.

Se conduire avec dignité et douceur, être content et reconnaissant, entendre la Loi au juste moment. Cela est une grande bénédiction.

Etre patient, être courtois, rechercher la compagnies des sages, parler de la Loi au juste moment. Cela est une grande bénédiction.

Etre restreint, mener la vie pure, avoir la vision intérieure profonde des Nobles Vérités, avoir la compréhension absolue du Nirvana. Cela est une grande bénédiction.

Etant touché par les conditions du monde, demeurer avec un esprit inébranlable, être libre de chagrin, d'attachement et de peur. Cela est une grande bénédiction.

Ceux qui suivent ces principe, ceux-là ne seront jamais vaincus, mais ils iront toujours vers le bonheur et pour eux cela sera une grande bénédiction. "

 

INDRIYABHAVANA SUTTA

 

Le développement des facultés sensorielles



Ainsi ai-je entendu, une fois le Bienheureux séjournait dans le parc de Mukhelu, près de Kjangala.

Un jour, un jeune homme nommé Uttara, élève du brahmane Parasariya, s'approcha du Bienheureux. S'étant approché, il échangea avec lui des compliments de politesse et des paroles de courtoisie, puis s'assit à l'écart sur un côté. Le Bienheureux s'adressa au jeune homme Uttara et demanda :
- Est-ce que, Ô Uttara, le brahmane Parasariya adresse à ses élèves un enseignement sur le développement des facultés sensorielles ? - Oui, Ô vénérable Gotama. Le brahmane Parasariya adresse à ses élèves un enseignement sur le développement des facultés sensorielles. - De quelle façon, Ô Uttara, le brahmane Parasariya adresse-t-il à ses élèves son enseignement sur le développement des facultés sensorielles ?

Le jeune homme Uttara répondit :
- Il ne faut pas voir les formes matérielles par les yeux. Il ne faut pas écouter les sons par les oreilles. C'est ce que, Ô vénérable Gotama, le brahmane Parasariya enseigne à ses élèves sur le développement des facultés sensorielles.

Le Bienheureux dit :
- Ainsi, Ô Uttara, selon l'enseignement du brahmane Parasariya, un aveugle est quelqu'un qui a une faculté sensorielle développée et un sourd est quelqu'un qui a une faculté sensorielle développée, car l'aveugle ne voit pas les formes par ses yeux et le sourd n'écoute pas les sons par ses oreilles !

Lorsque le Bienheureux se fut exprimé ainsi, le jeune homme Uttara, élève du brahmane Parasariya, resta assis en silence, honteux, les épaules tombantes, le visage baissé et incapable de parler.
Le Bienheureux constata alors que le jeune homme Uttara, élève du brahmane Parasariya, restait assis en silence, honteux, les épaules tombantes, le visage baissé et incapable de parler.

Pendant cette discussion, Ananda, disciple du Bouddha était assis auprès du Bienheureux.

Le Bienheureux s'adressa à Ananda et dit :
- Ô Ananda, le brahmane Parasariya adresse à ses élèves un certain enseignement sur le développement des facultés sensorielles. Cependant, Ô Ananda, dans la discipline des êtres Nobles, l'incomparable méthode du développement des facultés sensorielles est autre chose.

Ananda dit :
- Le bon moment est arrivé, Ô Bienheureux, le bon moment est arrivé pour expliquer l'incomparable développement des facultés sensorielles selon la discipline des êtres Nobles. Ayant écouté les paroles du Bienheureux, les disciples les garderont dans leur mémoire.
- Très bien, Ô Ananda. Ecoutez donc attentivement. Je vais parler, dit le Bienheureux.
- Bien, Ô Bienheureux, dit Ananda.

Le Bienheureux dit :
- Quelle est, Ô Ananda, l'incomparable développement des facultés sensorielles dans la discipline des êtres Nobles ? Ô Ananda, lorsqu'un disciple voit une forme matérielle par ses yeux, il se produit chez lui une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréables et désagréable. Le disciple le sait selon la réalité :
- Voici une sensation agréable qui se produit chez moi. Voici une sensation désagréable qui se produit chez moi. Voici une sensation à la fois agréable et désagréable qui se produit chez moi. Cette sensation se produit puisqu'elle est un fait conditionné; elle est un fait grossier; c'est un effet qui est produit par des causes. Cependant, c'est l'équanimité qui est pure, qui est excellente.
- Lorsqu'il réfléchit ainsi, la sensation agréable ou la sensation désagréable, ou la sensation à la fois agréable ou désagréable s'estompe chez lui. Enfin c'est l'équanimité qui reste. Tout comme, Ô Ananda, un homme qui peut voir, ayant les yeux ouverts, les ferme ou, ayant les yeux fermés, les ouvre. De même, Ô Ananda, c'est avec une telle vitesse, une telle rapidité, une telle aisance qu'une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréable et désagréable s'estompe et, enfin, c'est l'équanimité qui reste. Tel est, Ô Ananda, le développement de la faculté sensorielle concernant les formes matérielles connaissables par les yeux.

- Et encore, Ô Ananda, lorsqu'un disciple a entendu un son par ses oreilles, il se produit chez lui une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréables et désagréable. Le disciple le sait selon la réalité :
- Voici une sensation agréable qui se produit chez moi. Voici une sensation désagréable qui se produit chez moi. Voici une sensation à la fois agréable et désagréable qui se produit chez moi. Cette sensation se produit puisqu'elle est un fait conditionné; elle est un fait grossier; c'est un effet qui est produit par des causes. Cependant, c'est l'équanimité qui est pure, qui est excellente.
- Lorsqu'il réfléchit ainsi, la sensation agréable ou la sensation désagréable, ou la sensation à la fois agréable ou désagréable s'estompe chez lui. Enfin c'est l'équanimité qui reste. Tout comme, Ô Ananda, un homme fort est capable de claquer ses doigts, de même, c'est avec une telle vitesse, une telle rapidité, une telle aisance qu'une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréable et désagréable s'estompe et, enfin, c'est l'équanimité qui reste. Tel est, Ô Ananda, le développement de la faculté sensorielle concernant les sons connaissables par les oreilles.

- Et encore, Ô Ananda, lorsqu'un disciple a senti une odeur par son nez, il se produit chez lui une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréables et désagréable. Le disciple le sait selon la réalité :
- Voici une sensation agréable qui se produit chez moi. Voici une sensation désagréable qui se produit chez moi. Voici une sensation à la fois agréable et désagréable qui se produit chez moi. Cette sensation se produit puisqu'elle est un fait conditionné; elle est un fait grossier; c'est un effet qui est produit par des causes. Cependant, c'est l'équanimité qui est pure, qui est excellente.
- Lorsqu'il réfléchit ainsi, la sensation agréable ou la sensation désagréable, ou la sensation à la fois agréable ou désagréable s'estompe chez lui. Enfin c'est l'équanimité qui reste. Tout comme, Ô Ananda, une goutte d'eau tombe sur une feuille de lotus, qui descend sur la pente et ne reste pas. De même, Ô Ananda, c'est avec une telle vitesse, une telle rapidité, une telle aisance qu'une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréable et désagréable s'estompe et, enfin, c'est l'équanimité qui reste. Tel est, Ô Ananda, le développement de la faculté sensorielle concernant les odeurs connaissables par le nez.

- Et encore, Ô Ananda, lorsqu'un disciple a goûté une saveur par sa langue, il se produit chez lui une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréables et désagréable. Le disciple le sait selon la réalité :
- Voici une sensation agréable qui se produit chez moi. Voici une sensation désagréable qui se produit chez moi. Voici une sensation à la fois agréable et désagréable qui se produit chez moi. Cette sensation se produit puisqu'elle est un fait conditionné; elle est un fait grossier; c'est un effet qui est produit par des causes. Cependant, c'est l'équanimité qui est pure, qui est excellente.
- Lorsqu'il réfléchit ainsi, la sensation agréable ou la sensation désagréable, ou la sensation à la fois agréable ou désagréable s'estompe chez lui. Enfin c'est l'équanimité qui reste. Tout comme, Ô Ananda, un homme fort peut cracher une particule de mucus rassemblée sur sa langue. De même, Ô Ananda, c'est avec une telle vitesse, une telle rapidité, une telle aisance qu'une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréable et désagréable s'estompe et, enfin, c'est l'équanimité qui reste. Tel est, Ô Ananda, le développement de la faculté sensorielle concernant les saveurs connaissables par la langue.

- Et encore, Ô Ananda, lorsqu'un disciple a senti une chose tangible par son corps, il se produit chez lui une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréables et désagréable. Le disciple le sait selon la réalité :
- Voici une sensation agréable qui se produit chez moi. Voici une sensation désagréable qui se produit chez moi. Voici une sensation à la fois agréable et désagréable qui se produit chez moi. Cette sensation se produit puisqu'elle est un fait conditionné; elle est un fait grossier; c'est un effet qui est produit par des causes. Cependant, c'est l'équanimité qui est pure, qui est excellente.
- Lorsqu'il réfléchit ainsi, la sensation agréable ou la sensation désagréable, ou la sensation à la fois agréable ou désagréable s'estompe chez lui. Enfin c'est l'équanimité qui reste. Tout comme, Ô Ananda, un homme fort peu replier son bras qui était étendu, ou étendre son bras qui était replié. De même, Ô Ananda, c'est avec une telle vitesse, une telle rapidité, une telle aisance qu'une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréable et désagréable s'estompe et, enfin, c'est l'équanimité qui reste. Tel est, Ô Ananda, le développement de la faculté sensorielle concernant les choses tangibles connaissables par le corps.

- Et encore, Ô Ananda, lorsqu'un disciple a perçu un objet mental par sa pensée, il se produit chez lui une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréables et désagréable. Le disciple le sait selon la réalité :
- Voici une sensation agréable qui se produit chez moi. Voici une sensation désagréable qui se produit chez moi. Voici une sensation à la fois agréable et désagréable qui se produit chez moi. Cette sensation se produit puisqu'elle est un fait conditionné; elle est un fait grossier; c'est un effet qui est produit par des causes. Cependant, c'est l'équanimité qui est pure, qui est excellente.
- Lorsqu'il réfléchit ainsi, la sensation agréable ou la sensation désagréable, ou la sensation à la fois agréable ou désagréable s'estompe chez lui. Enfin c'est l'équanimité qui reste. Tout comme, Ô Ananda, lorsqu'un homme verse chaque jour deux ou trois gouttes d'eau dans une casserole chauffée au rouge, ces gouttes d'eau sont détruites aussitôt et elles sont consommées aussitôt. De même, Ô Ananda, c'est avec une telle vitesse, une telle rapidité, une telle aisance qu'une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréable et désagréable s'estompe et, enfin, c'est l'équanimité qui reste. Tel est, Ô Ananda, le développement de la faculté sensorielle concernant les états mentaux connaissables par la pensée.

- Et quel est, Ô Ananda, l'entraînement chez un disciple étudiant ?
- Lorsque le disciple a vu une forme matérielle par ses yeux, il se produit chez lui une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréables et désagréable. A cause de la sensation agréable, ou à cause de la sensation désagréable, ou à cause de la sensation à la fois agréable et désagréable qui s'est produite chez lui, le disciple est soucieux, il est honteux et il est dégoûté par une telle sensation.

- Lorsque le disciple a entendu un son par ses oreilles, il se produit chez lui une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréables et désagréable. A cause de la sensation agréable, ou à cause de la sensation désagréable, ou à cause de la sensation à la fois agréable et désagréable qui s'est produite chez lui, le disciple est soucieux, il est honteux et il est dégoûté par une telle sensation.

Il en est ainsi également pour les odeurs connaissables par le nez, les saveurs par la langue, les choses tangibles par le corps, les objets mentaux par la pensée. Le suttra continue...

- Et quel est, Ô Ananda, l'être Noble dont les facultés sensorielles ont été développées ?
- Lorsque le disciple a vu une forme matérielle par ses yeux, il se produit chez lui une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréables et désagréable.
Alors s'il souhaite : " Que je demeure sans conscience de la répugnance, dans un cas de répugnance. " Alors il demeure sans conscience de la répugnance.
S'il souhaite : " Que je demeure avec conscience de la répugnance, dans un cas de non-répugnance. " Alors il demeure avec conscience de la répugnance.
S'il souhaite : " Que je demeure avec conscience de la répugnance, dans un cas à la fois répugnant et non-répugnant. " Alors il demeure avec conscience de la répugnance.
Cependant, s'il souhaite : " M'étant débarrassé de la non-répugnance comme de la répugnance, que je demeure dans l'équanimité avec l'attention et la conscience claires. " Alors il demeure dans l'équanimité avec l'attention et la conscience claires.
Ainsi, Ô Ananda, c'est lui qui est l'être Noble dont les facultés sensorielles ont été développées.

Il en est ainsi également pour les sons connaissables par les oreilles, les odeurs par le nez, les saveurs par la langue, les choses tangibles par le corps, les objets mentaux par la pensée. Le suttra continue...

- C'est de cette façon, Ô Ananda, que l'incomparable développement des facultés sensorielles dans la discipline des êtres Nobles a été enseignée par moi; de cette façon que l'entraînement du disciple étudiant a été enseigné par moi ; de cette façon que j'ai défini l'être Noble dont les facultés sensorielles ont été développées.
- S'il est un devoir pour un maître religieux compatissant, plein de bonne volonté et qui souhaite le bien-être de ses disciples, ce devoir pour vous tous a été rempli par moi.
- Voici, Ô Ananda, les pieds des arbres, voici les endroits isolés. Engagez-vous, Ô Ananda, dans le progrès intérieur. Ne soyez pas paresseux afin de n'avoir pas, plus tard, des regrets. Cela est notre instruction pour vous tous.
Ainsi parla le Bienheureux. Ravi, Ananda se réjouit des paroles du Bienheureux.

DARUKKHANDHA SUTTA

 

Un tronçon de bois



Une fois, le bienheureux séjournait au pays de Kosambi, au bord de la rivière Gange.

Le Bienheureux vit un tronçon de bois qui descendait le Gange. Ayant vu ce morceau de bois, le Bienheureux s'adressa aux moines et dit:

"Ô moines, voyez-vous ce morceaux de bois qui descend le Gange ?"

- Oui, Bienheureux, répondirent-ils.

- Alors, ô moines, si ce morceau de bois ne se jette pas contre cette rive, ou s'il ne se jette pas contre l'autre rive, ou s'il ne se noie pas au milieu du fleuve, ou s'il ne s'enfonce pas jusqu'au fond de l'eau, ou s'il ne tombe pas dans les mains d'êtres humains, ou dans les mains d'êtres non humains, ou s'il n'est pas pris dans un tourbillon, ou s'il ne se décompose pas intérieurement, eh bien, ô moines, ce tronçon de bois flottera vers l'Océan, il descendra vers l'Océan, il se dirigera vers l'Océan. Pourquoi ? Parce que, ô moines, le fleuve Gange coule vers l'Océan, il descend vers l'Océan, il se dirige vers l'Océan.

"De même, ô moines, si vous ne vous jetez pas contre cette rive, ou si vous ne vous jetez pas contre l'autre rive, ou si vous ne vous noyez pas que milieu du fleuve, ou si vous ne vous enfoncez pas jusqu'au fond de l'eau, ou si vous ne vous noyez pas au milieu du fleuve, ou si vous ne tombez pas dans les mains d'êtres humains, ou si vous n'êtes pas pris dans un tourbillon, ou si vous ne vous décomposez pas intérieurement, alors, ô moines, vous coulerez vers le Nirvana, vous descendrez vers le Nirvana, vous vous dirigerez vers le Nirvana. Pourquoi ? Parce que, ô moines, la compréhension correcte coule vers Nirvana, elle descend vers le Nirvana, elle se dirige vers le Nirvana.

Lorsque le bienheureux eut, ainsi parlé, un moine dit :

"Ô Bienheureux, quelle est la signification de - cette rive - ? Quelle est - l'autre rive - ? Quelle est la signification de - se noyer dans le milieu du fleuve - ? Quelle est la signification de - se noyer dans le milieu du fleuve - ? Quelle est la signification de - s'enfoncer jusqu'au fond de l'eau -? Quelle est la signification de - tomber dans les mains d'êtres humains -? ou celle de -tomber dans les mains d'êtres non humains -? Quelle est la signification - d'être pris dans un tourbillon - ? Quelle est la signification de - se décomposer intérieurement - ?

Cette rive, ô moine, est un nom pour les six sphères sensorielles de l'intérieur. (Oeil, oreille, nez, langue, corps, pensée.) L'autre rive, ô moine, est un nom pour les six sphères sensorielles de l'extérieur. (Forme visible, son, odeur, goût, choses tangibles et objets mentaux.) Se noyer dans le milieu du fleuve, ô moine, est un nom pour l'avidité passionnée et le désir. S'enfoncer au fond de l'eau, ô moine, est un nom pour la fierté de soi-même.

Ici, ô moine, quelle est le sens de - tomber dans les mains d'êtres humain - ?

Supposons, ô moine, que quelqu'un vive en relation intime avec les laïcs. Il se réjouit avec les gens qui se réjouissent. Il s'afflige avec les gens qui s'affligent. Il prend du plaisir avec les gens qui prennent du plaisir. Il souffre avec les gens qui souffrent et établi un lien étroit entre lui-même et ce qui arrive. Voilà ce qu'est, ô moine, - tomber dans les mains d'êtres humains -

Ici, quel est, ô moine, le sens de - tomber dans les mains d'êtres non humain - ?

Supposons, ô moine, que l'on s'engage dans la conduite pure dans l'espoir de renaître parmi tel ou tel groupe de dieux, en se disant : "Par le moyen de cette vertu, ou par le moyen de cette pratique, ou par le moyen de cette austérité, ou par le moyen de cette conduite pure, que je devienne un petit dieu ou un grand dieu !" Voilà ce qu'est, ô moine, - tomber dans les mains d' êtres non humain - - Pris dans un tourbillon -, ô moine, est un nom pour les cinq plaisirs. Quelle est la signification de - se décomposer intérieurement - ? Supposons, ô moine, quelqu'un qui mène une vie non vertueuse. Il s'engage dans les mauvaises choses, il est impur. Il a un comportement douteux. Il a des affaires secrètes. Bien qu'il prétende être religieux, il ne l'est pas. Bien qu'il prétende être pratiquant de la conduite pure, il ne l'est pas. Il est pourri tel un tas d'ordure. Tel est, ô moine, le sens de - se décomposer intérieurement -

A ce moment là, un vacher nommé Nanda se trouvait debout, non loin du Bienheureux. Le vacher Nanda s'écria alors : "Moi, ô Bienheureux, je suis quelqu'un qui ne se jette pas - contre cette rive - Je suis quelqu'un qui ne se jette pas contre - l'autre rive - Je ne me - noierai pas au milieu du fleuve - Je ne - m'enfoncerai pas jusqu'au fond de l'eau - Je ne - tomberai pas dans les mains des êtres humain - Je ne - tomberai pas dans les mains d'êtres non humain - Je ne -serais pas pris dans un tourbillon - Je ne me - décomposerai pas de l'intérieur - Ô Bienheureux, puissé-je obtenir l'Ordination mineure et l'Ordination majeure auprès du Bienheureux.

- Alors, ô Nanda, rendez les vaches à leurs propriétaires dit le Bienheureux.

- Ô Bienheureux, les vaches retourneront. Elles seront attirées par leurs veaux.

- Justement, ô Nanda, rendez les vaches à leurs propriétaires répéta le Bienheureux.

Alors, le vacher Nanda ayant rendu les vaches à leurs propriétaires, étant revenu devant le Bienheureux. dit : "Ô Bienheureux, les vaches ont été rendues à leurs propriétaires. Ô Bienheureux puissé-je obtenir l'Ordination mineure et l'Ordination majeure auprès du Bienheureux !"

Le vacher Nanda obtint l'Ordination mineure et l'Ordination majeure auprès du Bienheureux. Peu de temps après son Ordination majeur, Nanda demeurant seul, retiré, vigilant, ardent, résolu, parvint rapidement à ce but pour réalisation duquel les fils de famille quittent leur maison pour la vie religieuse, cet incomparable but de la Conduite pure, il le réalisa dans cette vie même. Il comprit : " La naissance est détruite, la Conduite pure est vécue, ce qui doit être achevé est achevé, plus rein ne demeure à accomplir."

Ainsi, Nanda parvint au nombre des Arahants.