Enseignement de Bhante Dhammika
Sur l’Importance de la pratique de la méditation

(Centre Bouddhiste International de Genève, le mardi 17 octobre 2017)

Tout le monde s’occupe de la santé de son corps, mais il n’y a pas beaucoup de gens qui pensent à soigner aussi leur esprit. Bouddha disait : « il faut soigner notre esprit comme nous soignons notre corps ». La seule manière c’est de cultiver notre mental « bhāvanā ».
Il y a bien d’autres chose à faire aussi pour cultiver notre mental : la générosité, la compassion, la charité, etc. Mais si nous ne méditons pas, que nous ne pratiquons pas, comme nous faisons n’importe quelle autre chose de la vie quotidienne, alors, on ne soigne pas bien notre karma.
C’est pour ça qu’il faut que nous consacrions du temps à la pratique de la méditation, beaucoup de temps, c’est très important. Pas seulement une fois le mardi ou le samedi, mais presque tous les jours. Dès que vous avez un petit moment, nous devrions penser à bien soigner notre mental. Sinon, nous sommes comme les animaux qui n’ont pas le choix.
Nous, nous sommes nés en temps qu’humains. C’est une condition favorable pour soigner notre propre esprit, pour soigner notre mental. Si nous ne le faisons pas, nous ne profitons pas dignement de cet état humain.
La particularité de l’état humain, c’est qu’on peut faire beaucoup de choses, mais la meilleure chose que l’on puisse faire est de cultiver notre mental. Nous n’avons pas une attitude vraiment correcte vis-à-vis de notre état d’être humain si nous ne pratiquons pas la méditation, si nous ne consacrons pas un peu de notre temps pour soigner notre esprit comme nous soignons notre corps. On devrait vraiment consacrer beaucoup de temps à la méditation.
On peut lire ou écouter beaucoup de choses. Mais ces deux choses ne sont pas suffisantes pour soigner notre esprit. Je veux dire que la sagesse livresque ou intellectuelle apporte des connaissances, pas de la sagesse. Bouddha disait : « Non ! ça ne suffit pas ! Il faut pratiquer la méditation, « bhāvanā ». Il faut cultiver votre mental si vous voulez vraiment bien soigner votre esprit.
C’est la raison pour laquelle le premier verset du Dhammapada nous dit que « l’esprit est à l’origine de tout ». Selon la pensée bouddhiste. C’est nous, nous-même… c’est notre état mental qui fait toutes les choses dont le monde est constitué. Nous, bien sûr, mais aussi toutes les choses, tous les objets autour de nous que vous voyez : tout est fait par le pouvoir de notre karma, par le pouvoir de notre mental. Tout provient de notre esprit. Nous sommes les créateurs ; l’esprit est le créateur. Ceci est très important ! Si vous faites quelque chose en ayant un esprit bien soigné, pour parler, pour agir, pour réagir, pour penser. Dès que vous faites quelque chose qui est bénéfique, c’est « kusala » en pâli, « action méritoire ».
Si on fait quelque chose avec un esprit qui n’est pas encore bien soigné, comme pour parler, pour agir ou pour réagir, cela devient des choses « akusala », des actions déméritoires, des actions défavorables. Si on ne fait que ça, nous continuons inlassablement dans notre cycle insatisfaisant, le « samsara », successions de situations conditionnées qui s’enchaînent les unes aux autres.
C’est la raison pour laquelle Bouddha disait que, si nous ne faisons rien pour améliorer notre mental, nos actions sont alors « kusala » et « akusala ». Mais si nous soignons profondément notre esprit, alors nos actions ne seront plus « kusala » ou « akusala », mais seulement « kusala ».
C’est la pratique de méditation « Vipassanā », la « vision pénétrante ». Si vous observez les choses au lieu de les saisir mentalement pour en faire n’importe quoi, alors votre mental ne sera plus l’esclave de vos conditionnements erronés. Cultiver votre mental, c’est commencer à voir les choses telles qu’elles sont. C’est la raison pour laquelle nous devons méditer et bien soigner notre esprit, pour ne faire que des actions « kusala ».
Il y a beaucoup de souillures mentales qui conditionnent notre karma : la malveillance, l’avidité, l’avarice, la haine, l’orgueil, la jalousie, la suspicion, etc., qui sont autant d’activités « akusala », « déméritoires », « néfastes ».  
On peut parler des bonnes actions « kusala », « méritoires », « bénéfiques », que nous devons nous efforcer de faire, telles que la générosité, la bienveillance, la compassion, la patience, mais cela ne suffirait pas, car il convient également d’essayer de ne plus faire de mal, de ne plus faire d’actions « akusala ». « Essayer de ne plus faire de mal ; nous efforcer de faire le bien ; cultiver notre esprit », tel est l’enseignement de la psychologie bouddhique enseignée par Siddhārta Gautama.
Lorsque nous méditons, et que nous commençons à bien soigner notre mental, à faire des « actions kusala », avec de bonnes pensées, avec des actions méritoires, etc. nous irons progressivement au-delà, arrivant au stade où nous ne faisons plus ni kusala, ni akusala, et où il deviendra naturel d’observer les choses telles qu’elles sont.  
Afin de nous rendre compte par nous-même si cela est vraiment parfait, nous devons expérimenter ces connaissances et ces pratiques. C’est pour cela que nous devons méditer ; pour avoir une bonne compréhension des possibilités de remédier à nos connaissances et à nos comportements inadaptés, causes de nos souffrances ; et pour cultiver les connaissances et les comportements bénéfiques, causes de notre bonheur.
C’est aussi pour cela que vous devriez méditer plus souvent.