MAGGA. . .


LE NOBLE SENTIER OCTUPLE

LA DISCIPLINE MENTALE


Qu'appelle-t-on, ô moines l'effort juste ?
Dans cet enseignement, un moine entraîne son esprit pour éviter les choses mauvaises, négatives, qui ne sont pas encore produites; pour surmonter les choses mauvaises, négatives, déjà survenues; pour faire apparaître les choses positives non encore apparues; pour maintenir les choses positives déjà apparues et pour ne pas les laisser disparaître, mais pour les faire croître, les amener à maturité et à la pleine perfection de leur développement. Et il s'y efforce, tend son énergie, contraint son esprit et lutte. Voilà ce qu'on appelle l'effort juste.

Qu'appelle-t-on ô moines l'attention juste ?
Dans cet enseignement, un moine demeure dans la contemplation du corps (les agrégats de la matière) dans le corps, avec ardeur, compréhension claire et attention, abandonnant la convoitise et l'affliction dans le monde.
Il demeure dans la contemplation de la sensation (agrégat des sensations) dans les sensations.
Il demeure dans la contemplation de la conscience (agrégat de la conscience) dans la conscience.
Il demeure dans la contemplation de l'objet mental (agrégat des formations mentales) dans les objets mentaux, avec ardeur, compréhension claire et attention, abandonnant la convoitise et l'affliction dans le monde. Voilà ce qu'on appelle l'attention juste.

Qu'appelle-t-on ô moines la concentration juste ?
Dans cet enseignement, le moine, étant détaché de tous les objets des sens, étant détaché des autres choses négatives, accède à la première étape de l'absorption (jhâna), qui est accompagnée par la pensée appliquée (vitaka) et la pensée soutenue (vicara), qui est remplie par le ravissement (piti) et le bonheur (sukha), nés du détachement des pensées négatives.
Abandonnant la pensée appliquée et soutenue, acquérant la tranquillité intérieure et l'unification de l'esprit, il accède à l'étape libre de vitaka et de vicara, la seconde absorption, née de la concentration, qui ne comporte que ravissement et bonheur. Le ravissement ayant disparu, il demeure l'équanimité (upekkha), la concentration et la conscience lucide; éprouvant en lui-même ce sentiment dont les êtres nobles disent : "Heureux est l'homme à l'esprit équanime et attentif", il entre de la sorte dans la troisième absorption. Après le renoncement au bonheur et à la souffrance, et grâce à la disparition des joies et des peines passées, il accède à l'état qui transcende le plaisir et la douleur, la quatrième absorption, qui est purifiée par l'équanimité et la concentration. Telle est la concentration juste.