Vihara Geneva
Vihara de Genève

Majjhima Nikaya 130

Devadûta Sutta

Discours sur les messagers de la Mort

D'après la traduction de la Myanmar Tipitaka Association (Birmanie) 1990.
Tiré des 25 suttas de l'Uparipannasa
Pour libre distribution. Cet ouvrage peut être republié, reformaté, réimprimé et redistribué par n'importe quel média. L'auteur désire cependant que toute ces republications et redistributions soient mises à disposition du public librement et sans restriction aucune, et que les traductions et autres travaux dérivés soient clairement identifiés comme tels.


Ainsi ai-je entendu

Une fois, le Béni du Ciel résidait Sâvatthi au monastère de Jetavana d'Anathapindika. Alors le Béni du Ciel s'adressa aux bhikkhus, en disant "Bhikkhus!" Les bhikkhus répondirent au Béni du Ciel, "Vénérable Monsieur! " Le Béni du Ciel parla ainsi:

Bhikkhus, supposons qu'il y ait deux maisons aux portes l'une face à l'autre. Un homme avec une vision normale qui se tiendrait entre ces deux maisons pourrait voir les gens entrer et sortir de ces maisons, les gens qui montent et qui descendent et les gens qui passent d'une maison à l'autre. Bhikkhus, de la même manière, avec le pouvoir de la vue divine, qui est extrêmement claire, surpassant la vue des hommes, je vois des êtres qui sont en train de mourir et de naître, des êtres inférieurs et supérieurs, des êtres beaux et laids et des êtres avec de bonnes ou de mauvaises destinations. Je sais comment des êtres naissent selon leurs propres des actions (kamma), (ainsi): "Amis, il y avait des êtres qui étaient dotés de bonté faite en corps, en paroles et en esprit. Ils ne diffamaient pas les Ariyas (nobles). Ils tenaient des vues correctes et accomplissaient des actions selon les vues correctes. Après la mort et la dissolution de leurs corps, ils apparurent dans de bonnes destinations, le monde heureux des devas.

"Amis, il y avait aussi d'autres êtres qui étaient dotés de bonté faite en corps, en paroles et en esprit. Ils ne diffamaient pas les Ariyas (nobles). Ils tenaient des vues correctes et accomplissaient des actions selon les vues correctes. Après la mort et dissolution de leurs corps, ils renaquirent dans le monde des êtres humains.

"Mais, amis, il y avait aussi des êtres qui étaient pleins de mal commis en corps, en paroles et en esprit. Ils diffamaient les Ariyas (nobles). Ils tenaient des vues fausses et accomplissaient des actions selon des vues fausses. Après la mort et dissolution de leurs corps, ils apparurent dans le domaine des êtres toujours affamés (petas).

"Amis, il y avait aussi d'autres êtres qui étaient pleins de mal commis en corps en paroles et en esprit. Ils diffamaient les Ariyas (Nobles). Ils tenaient des vues fausses et accomplissaient des actions selon des vues fausses. Après la mort et dissolution de leurs corps, ils renaquirent dans le domaine des animaux.

"Amis, il y avait aussi d'autres êtres qui étaient pleins de mal commis en corps, en paroles et en esprit. Ils diffamaient les Ariyas (nobles). Ils tenaient des vues fausses et accomplissaient des actions selon des vues fausses. Après la mort et dissolution de leurs corps, ils apparurent dans des destinations misérables (duggati), des existences misérables (apaya), des états de ruine (vinipata), et des domaines de souffrance continue (niraya)."

Bhikkhus, les gardiens du niraya maintenaient chaque bras de cette personne (qui était passée dans le niraya) et le montraient à Yama,* un roi de niraya (en disant:) "O roi, cet homme n'a pas bien servi sa mère, n'a pas bien servi son père, ne s'est pas bien comporté envers les samanas, ne s'est pas bien comporté envers les brahmanes et ne s'est pas montré respectueux envers les anciens de son clan. Puisse le roi lui donner une punition." Bhikkhus, en référence au premier messager de la Mort (devaduta), le roi Yama interrogea en détail, contre-interrogea et de façon répétée questionnai l'homme comme suit: "O homme, n'as-tu pas vu parmi les hommes l'apparition du premier messager de la Mort?" Cet homme répondit ainsi: "Monsieur, je ne l'ai pas vu."

Bhikkhus, le roi Yama questionna alors cet homme ainsi: "N'as-tu pas vu parmi les hommes un jeune et tendre bébé encore sur le dos reposant dans ses propres excréments et urine?" Cet homme répondit ainsi: "Monsieur, je l'ai vu."

Bhikkhus, le roi Yama questionna alors cet homme ainsi: "O homme, en tant qu'adulte dotés d'intelligence, ne t'est-il pas venu à l'esprit ceci: Moi aussi, je suis sujet à renaissance et ne puis vaincre la naissance. Il faudrait que je fasse de bonnes actions, physiques, verbales et mentales' ?" Cet homme répondit ainsi: "Monsieur, cela ne m'est pas venu à l'esprit. Monsieur, j'ai été négligent."

Bhikkhus, le roi Yama dit alors à cet homme ceci:

"O homme, par négligence, tu as failli à faire de bonnes actions, physiques, verbales et mentales. O homme, certes, tu as fait (de mauvaises actions) à cause de ta négligence. Certes, ces mauvaises actions n'ont pas été faites par ta mère, ni par ton père, ni par ton frère, ni par ta soeur, ni par tes compagnons, ni par ta parenté, ni par des samanas ni des brahmanes, ni par les devas. C'est toi-même qui as fait ces mauvaises actions et toi-même qui devras en supporter les conséquences." (1)

Bhikkhus, ayant interrogé en détail, contre-interrogé, et de façon répétée questionné cet homme en référence au premier messager de la Mort, le roi Yama l'interrogea en détail, le contre-interrogea, et de façon répétée le questionna en référence au second messager de la Mort (ainsi;) "O homme, n'as-tu pas vu parmi les hommes l'apparition du second messager de la Mort?" Cet homme répondit ainsi: "Monsieur, je ne l'ai pas vu."

Bhikkhus, le roi Yama questionna alors cet homme ainsi: "O homme, n'as-tu pas vu parmi les hommes une vieille femme ou un vieil homme au dos plié et courbé comme un chevron, chancelant avec seulement un bâton pour s'appuyer, dans la douleur et sénile, édenté, avec les cheveux gris et maigre, chauve, la peau ridée et plein de taches de vieillesse?" Cet homme répondit ainsi: "Monsieur, je l'ai vu."

Bhikkhus, le roi Yama questionna alors cet homme ainsi: "O homme, en tant qu'adulte doté d'intelligence, ne t'est-il pas venu à l'esprit ainsi: 'Moi aussi, je suis sujet à la vieillesse et ne puis vaincre la vieillesse. Il faudrait que je fasse de bonnes actions, physiques, verbales et mentales' ?" Cet homme répondit ainsi: "Monsieur, cela ne m'est pas venu à l'esprit. Monsieur, j'ai été négligent."

Bhikkhus, le roi Yama dit alors à cet homme ainsi:

"O homme, par négligence tu as failli à faire de bonnes actions, physiques, verbales et mentales. O homme, certes, tu as fait (de mauvaises actions) à cause de ta négligence. Certes, ces mauvaises actions n'ont pas été faites par ta mère, ni par ton père, ni par ton frère, ni par ta soeur, ni par tes compagnons, ni par ta parenté, ni par des samanas ni des brahmanes, ni par les devas. C'est toi-même qui as fait ces mauvaises actions et toi-même qui devras en supporter les conséquences." (2)

Bhikkhus, ayant interrogé en détail, contre-interrogé, et de façon répétée questionné cet homme en référence au second messager de la Mort, le roi Yama interrogea en détail, contre-interrogea et de façon répétée le questionna en référence au troisième messager de la Mort (ainsi:) "O homme, n'as-tu pas vu parmi les hommes l'apparition du troisième messager de la Mort?" Cet homme répondit ainsi: "Monsieur, je ne l'ai pas vu,".

Bhikkhus, le roi Yama questionna alors cet homme ainsi: "O homme, n'as-tu pas vu parmi les hommes une femme ou un homme affligé par la maladie, souffrant et sérieusement malade, reposant dans ses propres excréments et urine, qui doit se faire lever et se faire mettre au lit par d'autres?" Cet homme répondit ainsi: "Monsieur, je l'ai vu."

Bhikkhus, le roi Yama questionna alors cet homme ainsi: "O homme, en tant qu'adulte doté d'intelligence, ne t'est-il pas venu à l'esprit ceci: 'Moi aussi, je suis sujet à maladie et ne puis vaincre la maladie. Il faudrait que je fasse de bonnes actions, physiques, verbales et mentales'?" Cet homme répondit ainsi: "Monsieur, cela ne m'est pas venu à l'esprit. Monsieur, j'ai été négligent."

Bhikkhus, le roi Yama dit alors à cet homme ainsi: "O homme, par négligence, tu as failli à faire de bonnes actions, physiques, verbales et mentales. O homme, certes, tu as fait (de mauvaises actions) à cause de ta négligence. Certes ces mauvaises actions n'ont pas été faites par ta mère, ni par ton père, ni par ton frère, ni par ta soeur, ni par tes compagnons, ni par ta parenté, ni par des samanas ni des brahmanes, ni par les devas. C'est toi-même qui as fait ces mauvaises actions et toi-même qui devras en supporter les conséquences." (3)

Bhikkhus, ayant interrogé en détail, contre-interrogé et de façon répétée questionné cet homme en référence au troisième messager de la Mort, le roi Yama l'interrogea en détail, le contre-interrogea, et de façon répétée le questionna en référence au quatrième messager de la Mort (ainsi:) "O homme, n'as-tu pas vu parmi les hommes l'apparition du quatrième messager de la Mort?" Cet homme répondit ainsi: "Monsieur, je ne l'ai pas vu."

Bhikkhus, le roi Yama questionna alors cet homme ainsi: "O homme, n'as-tu pas vu parmi les hommes un voleur se faire saisir par le roi qui lui assignait diverses punitions - le fouet, coups de canne, bastonnade, amputation des mains, amputation des jambes, amputation et des bras et des jambes, amputation des oreilles, du nez, des oreilles et du nez, ouverture du crâne, versement de fer fondu dans le crâne comme on verserait du brouet bouillant dans un bol, scalper la tête pour qu'elle ressemble à une conque, remplir de sang la bouche béante comme celle de Rahu qui avale le soleil, faire des feux d'artifice en enveloppant le corps dans des chiffons huilés et en y mettant le feu, faire une torche enflammée en enveloppant les mains dans des chiffons huilés et en y mettant le feu, le flageller de telle sorte que la peau de tout son corps tombe aux chevilles comme une masse de feuilles à la base d'un arum, le flageller vers le haut des chevilles au cou, en faisant que la peau ressemble à une robe d'écorces, le faire ressembler à une antilope rampante en l'empalant avec des bâtons (aux quatre membres), lui arracher la peau, la chair et les nerfs avec des pointes en fer aussi aiguisées que des hameçons, lui hacher la chair du corps morceau par morceau, chacun pesant un tical, le battre avec des pointes en fer et asperger (les plaies) avec du sel, l'empaler sur un pieu en fer et le faire tourner comme on ferait tourner une porte sur ses gonds, réduire ses os en bouillie jusqu'à ce qu'il ressemble au cercle de paille qui sert à maintenir un pot de riz, verser de l'huile bouillante sur lui, le faire dévorer par des chiens, l'empaler vivant sur un pieu en fer, lui trancher la tête avec l'épée?" Cet homme répondit ainsi: "Monsieur, je l'ai vu."

Bhikkhus, le roi Yama questionna alors cet homme ainsi: "O homme, en tant qu'adulte doté d'intelligence, ne t'est-il pas venu à l'esprit ceci: 'Amis, ceux qui commettent de mauvaises actions sont sujets à ces diverses formes de punition dans cette vie-même. Combien plus encore ce doit être dans la prochaine existence. Il faudrait que je fasse de bonnes actions, physiques,verbales et mentales' ?" Cet homme répondit ainsi: "Monsieur, cela ne m'est pas venu à l'esprit. Monsieur, j'ai été négligent."

Bhikkhus, le roi Yama dit alors à cet homme ainsi:

"O homme, par négligence tu as failli à faire de bonnes actions, physiques, verbales et mentales. O homme, certes, tu as fait (de mauvaises actions) à cause de ta négligence. Certes, ces mauvaises actions n'ont pas été faites par ta mère, ni par ton père, ni par ton frère, ni par ta soeur, ni par tes compagnons, ni par ta parenté, ni par des samanas ni des brahmanes, ni par les devas. C'est toi-même qui as fait ces mauvaises actions et toi-même qui devras en supporter les conséquences." (4)

Bhikkhus, ayant interrogé en détail, contre-interrogé et de façon répétée questionné cet homme en référence au quatrième messager de la Mort, le roi Yama l'interrogea en détail, le contre-interrogea, et de façon répétée le questionna en référence au cinquième messager de la Mort (ainsi:) "O homme, n'as-tu pas vu parmi les hommes l'apparition du cinquième messager de la Mort?" Cet homme répondit ainsi: "Monsieur, je ne l'ai pas vu."

Bhikkhus, le roi Yama questionna alors cet homme ainsi: "N'as-tu pas vu parmi les hommes (le corps de) une femme ou un homme, mort depuis un jour, ou mort depuis deux jours, ou mort depuis trois jours, gonflé, tournant au noir et bleu et suppurant?" Cet homme répondit ainsi: "Monsieur, je l'ai vu."

Bhikkhus, le roi Yama questionna alors cet homme ainsi: "O homme, en tant qu'adulte doté d'intelligence, ne t'est-il pas venu à l'esprit ceci: 'Moi aussi, je suis sujet à la mort et ne puis vaincre la mort. Il faudrait que je fasse de bonnes actions, physiques, verbales et mentales'?" Cet homme répondit ainsi: "Monsieur, cela ne m'est pas venu à l'esprit. Monsieur, j'ai été négligent."

Bhikkhus, le roi Yama dit alors à cet homme ainsi: "O homme, par négligence, tu as failli à faire de bonnes actions, physiques, verbales et mentales. O homme, certes, tu as fait (de mauvaises actions) à cause de ta négligence. Certes, ces mauvaises actions n'ont pas été faites par ta mère, ni par ton père, ni par ton frère, ni par ta soeur, ni par tes compagnons, ni par tes parents, ni par des samanas ni des brahmanes, ni par les devas. C'est toi-même qui as fait ces mauvaises actions et toi-même qui devras en supporter les conséquences." (5)

Bhikkhus, après avoir interrogé en détail, avoir contre-interrogé et en questionnant de façon répétée cet homme en référence au cinquième messager de la Mort, le roi Yama demeura silencieux. Bhikkhus, les gardiens du niraya assignèrent alors à cet homme une punition connue comme les cinq façons de ligoter. Ils passèrent une pointe de fer brûlant dans une main et une autre pointe de fer brûlant dans l'autre main. Ils passèrent une pointe de fer brûlant dans une jambe et une autre pointe de fer brûlant dans le l'autre jambe. Ils passèrent une pointe de fer brûlant au milieu de la poitrine. Dans ce niraya, cet homme dut subir des sensations sévères, atrocement aiguës, épouvantables et douloureuses. Il n'y eut pas de mort pour lui avant l'épuisement de son mauvais kamma.

Bhikkhus, les gardiens du niraya firent étendre cet homme et le hachèrent avec des machettes ...p... Bhikkhus, les gardiens du niraya maintinrent cet homme la tête en bas et le hachèrent avec des hachettes ...p...

Bhikkhus, les gardiens du niraya attelèrent cet homme à une voiture et le firent courir aller et retour sur un sol rouge de flammes ...p...

Bhikkhus, les gardiens du niraya obligèrent cet homme à monter et descendre une grande montagne de charbons ardents rouges de flammes ...p...

Bhikkhus, les gardiens du niraya maintinrent cet homme la tête en bas et le jetèrent dans dans un chaudron de fer brûlant rouge de flammes. Dans ce niraya, cet homme fut bouilli, avec de l'écume qui monte jusqu'au bord. Dans ce niraya, pendant qu'on le faisait bouillir, avec de l'écume qui monte jusqu'au bord, cet homme apparut à la surface une fois, coula une fois et flotta de côté une fois. Dans ce niraya, cet homme dut subir des sensations sévères, atrocement aiguës, épouvantables et douloureuses. Il n'y eut pas de mort pour lui avant l'épuisement de son mauvais kamma. Bhikkhus, les gardiens du niraya jetèrent cet homme dans un plus grand niraya. Bhikkhus, certes, ce grand niraya a quatre coins et quatre portes, et il est divisé en sections égales. Il est limité par des murs en fer et couvert de plaques de fer.

Le sol de ce niraya est en fer, rougeoyant de flammes. Ce niraya s'étend sur cent yojanas dans toutes les directions et existe tout le temps.

Bhikkhus, les flammes qui montent du mur oriental de ce grand niraya frappent contre le mur occidental. Les flammes qui montent du mur occidental frappent contre le mur oriental. Les flammes qui montent du mur septentrional frappent contre le mur méridional. Les flammes qui montent du mur méridional frappent contre le mur septentrional. Les flammes qui montent du fond frappent contre le plafond. Les flammes qui descendent du plafond frappent contre le fond. Dans ce niraya, cet homme dut subir des sensations sévères, atrocement aiguës, épouvantables et douloureuses. Il n'y eut pas de mort pour lui avant l'épuisement de son mauvais kamma.

Bhikkhus, une fois par longue période, la porte orientale de ce grand niraya s'ouvre. Lorsque cette porte s'ouvrit cet homme courut à toute vitesse à cette porte, et il avait l'épiderme brûlé, il avait le derme brûlé, il avait la chair brûlée, il avait les nerfs brûlés, il avait les os qui fumaient. Quand il levait les pieds, il était brûlé de la même manière (que lorsqu'il les posait). Bhikkhus, après un long délai cette porte se referme. Dans ce niraya, cet homme dut subir des sensations sévères, atrocement aiguës, épouvantables et douloureuses. Il n'y eut pas de mort pour lui avant l'épuisement de son mauvais kamma.

Bhikkhus, une fois par longue période, la porte occidentale de ce grand niraya s'ouvre ...p... la porte septentrionale s'ouvre ...p... la porte méridionale s'ouvre. Lorsque cette porte s'ouvrit, cet homme courut à toute vitesse à cette porte, et il avait l'épiderme brûlé, il avait le derme brûlé, il avait la chair brûlée, il avait les nerfs brûlés, il avait les os qui fumaient. Quand il levait les pieds, il était brûlé de la même manière (que lorsqu'il les posait). Bhikkhus, après un long délai, cette porte se referme. Dans ce niraya, cet homme dut subir des sensations sévères, atrocement aiguës, épouvantables et douloureuses. Il n'y eut pas de mort pour lui avant l'épuisement de son mauvais kamma.

Bhikkhus, une fois par longue période, la porte orientale de ce grand niraya s'ouvre. Lorsque cette porte s'ouvrit, cet homme courut à toute vitesse à cette porte, et il avait l'épiderme brûlé, il avait le derme brûlé, il avait la chair brûlée, il avait les nerfs brûlés, il avait les os qui fumaient. Quand il levait les pieds, il était brûlé de la même manière (que lorsqu'il les posait). Cet homme sortit alors par cette porte.

Bhikkhus, il y a le Gutha niraya (rempli d'excréments) adjacent à et contigu avec ce grand niraya. Cet homme tomba dans ce niraya. Bhikkhus, dans ce Gutha niraya, des créatures au bec comme des aiguilles coupèrent dans son épiderme, puis coupèrent dans son derme, puis coupèrent dans sa chair, puis coupèrent dans ses nerfs, puis coupèrent dans ses os et mangèrent sa moëlle. Dans ce niraya, cet homme dut subir des sensations sévères, atrocement aiguës, épouvantables et douloureuses. Il n'y eut pas de mort pour lui avant l'épuisement de son mauvais kamma. (1)

Bhikkhus, il y a le Kukkula niraya (rempli avec cendres chaudes) adjacent à et contigu avec ce Gutha niraya. Cet homme tomba dans ce niraya. Dans ce niraya, cet homme dut subir des sensations sévères, atrocement aiguës, épouvantables et douloureuses. Il n'y eut pas de mort pour lui avant l'épuisement de son mauvais kamma. (2)

Bhikkhus, adjacent à et contigu avec ce Kukkula niraya il y a le niraya de l'immense 'forêt des arbres à coton-soie', qui montent à une hauteur de un yojana, rouges de flammes et qui ont des épines de seize doigts de long. Cet homme dût grimper à ces arbres et descendre de ces arbres. Dans ce niraya, cet homme dut subir des sensations sévères, atrocement aiguës, épouvantables et douloureuses. Il n'y eut pas de mort pour lui avant l'épuisement de son mauvais kamma. (3)

Bhikkhus, adjacent à et contigu avec cette 'forêt des arbres à coton-soie' il y a le niraya de la grande 'forêt des arbres aux feuilles-épée'. Cet homme fut dans cette forêt. Lorsque emportées par le vent, les feuilles tombèrent et coupèrent les mains de cet homme, tranchèrent ses jambes, tranchèrent et ses mains et ses jambes, tranchèrent ses oreilles, tranchèrent son nez, tranchèrent et ses oreilles et son nez. Dans ce niraya, cet homme dut subir des sensations sévères, atrocement aiguës, épouvantables et douloureuses. Il n'y eut pas de mort pour lui avant l'épuisement de son mauvais kamma. (4)

Bhikkhus, adjacent à et contigu avec cette 'forêt des arbres aux feuilles-épée' il y a le niraya dela grande 'rivière d'eau salée''. Cet homme tomba dans cette rivière. Il fut emporté en aval ou en amont et autant en aval qu'en amont dans cette rivière. Dans ce niraya, cet homme dut subir des sensations sévères, atrocement aiguës, épouvantables et douloureuses. Il n'y eut pas de mort pour lui avant l'épuisement de son mauvais kamma. (5)

Bhikkhus, les gardiens du niraya retirèrent cet homme avec des crochets en fer, le posèrent sur la rive et lui demandèrent ainsi: "O homme, que veux-tu?" Cet homme répondit ainsi: "Messieurs, j'ai faim". Bhikkhus, les gardiens du niraya ouvrirent sa bouche avec une pointe de fer brûlant, rouge de flammes, et mirent dans sa bouche une boule de fer brûlant, rouge de flammes. La boule de fer brûla ses lèvres, brûla sa bouche, brûla sa gorge, brûla sa poitrine, et ressortit du fond en emportant avec elle son gros et son petit intestin. Dans ce niraya, cet homme dut subir des sensations sévères, atrocement aiguës, épouvantables et douloureuses. Il n'y eut pas de mort pour lui avant l'épuisement de son mauvais kamma. (5)

Bhikkhus, les gardiens du niraya demandèrent à cet homme ainsi: "O homme, que veux-tu ?" Cet homme répondit ainsi: "Messieurs, j'ai soif". Bhikkhus, les gardiens du niraya ouvrirent sa bouche avec une pointe de fer brûlant, rouge de flammes, et versèrent dans sa bouche du fer en fusion, rouge de flammes. Le fer en fusion brûla ses lèvres, brûla sa bouche, brûla sa gorge, brûla sa poitrine, et ressortit du fond en emportant avec lui son gros et son petit intestin. Dans ce niraya, cet homme dut subir des sensations sévères, atrocement aiguës, épouvantables et douloureuses. Il n'y eut pas de mort pour lui avant l'épuisement de son mauvais kamma. Bhikkhus, les gardiens du niraya rejetèrent cet homme dans le grand Niraya.

Bhikkhus, ce qui s'est produisit dans le passé fut qu'il vint à l'esprit du roi Yama ce qui suit: "Amis, ceux qui dans ce monde font le mal et des actes déméritoires sont sujets à de telles punitions. Il serait bon que je puisse renaître en tant qu'être humain, si devait aussi apparaître dans le monde un Tathagata qui est Digne d'Hommages et Parfaitement Auto-Eveillé, si aussi je devais rendre hommage à ce Béni du Ciel, si aussi le Béni du Ciel devait m'exposer le Dhamma, et si aussi je pouvais comprendre le Dhamma du Béni du Ciel."

Bhikkhus, je n'expose pas ceci après l'avoir entendu d'autres samanas ou brahmanes. Certes, ce n'est qu'après l'avoir su, vu et découvert par moi-même que ne vous l'expose.

Ainsi dit le Béni du Ciel. Après avoir dit ceci, le Sugata, le Maître, ajouta ces vers:

Quoiqu'averti par les Messagers de la Mort, inattentifs certains hommes demeurent;
Nés dans ls mauvaises destinations, longtemps ils se lamentent dans le chagrin et la douleur.
Pourtant en ce monde, avertis par les Messagers de la Mort, les Vertueux qui sont sereins,
Ne sont jamais inattentifs aux enseignements des Ariyas (nobles).
Voyant du danger à l'Attachement, comme étant cause de la naissance et de la mort;
Libres d'Attachements, ils arrivent à la fin de la naissance et de la mort;
Ces Ariyas qui réalisent le Nibbâna, ont gagné le bonheur et la paix en cette vie-même;
Et passant au-delà de tout danger, ils ont vaincu tout dukkha.

Fin du Devaduta Sutta, le dixième dans ce vagga.


* Yama, le chef du niraya, est un vemanika peta avec une demeure à lui, qui jouit alternativement des délices du monde des devas et ressent les souffrances d'un peta (fantôme affamé).